Team INNOS

INNOS: Innovation in organizations and society
 

The team is interested in topics with a strong societal impact related to the transformations induced by innovation in organizations, economies, and societies. The aim of the research team is to investigate the conditions of the transition between invention and innovation, and the conditions of innovation development. The emphasis is on the collective dimension of the innovation processes, in and within organizations. This collective dimension can be considered through a territorial approach or more broadly an inter-organizational one (open innovation, ecosystems, etc.). Regarding the methods, the team employs both qualitative and field studies, supplemented by more quantitative studies.

The permanent members of the team are:
  • Lise ARENA,
  • Amel ATTOUR
  • Cécile AYERBE,
  • Manuel BOUTET,
  • Francesco CASTELLANETA,
  • Ali DOUAI,
  • Isabelle FERONI,
  • Gérald GAGLIO,
  • Valentine GEORGET-ROUSSET
  • Sami GUESMI,
  • Marine HADENGUE,
  • Lapo MOLA,
  • Nathalie ORIOL,
  • Béatrice TOUSTOU,
  • Jean-Sébastien VAYRE,
  • Marlon FERNANDES AlVES

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Proposition du projet d’équipe pour le GREDEG

INNOS (INNovations en Organisation et en Société)
Argumentaire et positionnement scientifique

OBJET ET POSITIONNEMENT DE L'EQUIPE La thématique de l’innovation a toujours été centrale au GREDEG depuis sa création. Paradoxalement, son omniprésence dans les publications scientifiques de plusieurs champs (innovation studies, science and technology studies, etc.) depuis une trentaine d’années est souvent inversement proportionnelle à la fréquence de son examen critique et de sa définition. Si bien que l’innovation semble à la fois partout et nulle part. Toutefois, des approches et des questionnements contemporains, ainsi que le cadre offert par le programme de recherche du GREDEG pour les prochaines années, fournissent l’opportunité de revisiter cette thématique et de relancer une dynamique fédératrice sur le sujet, en particulier parce qu’elle déborde largement les frontières d’une discipline spécifique. L’équipe INNOS s’inscrira par conséquent et résolument dans une perspective d’échanges pluridisciplinaires (sciences de gestion, sociologie, économie, droit), afin, entre autres, de stimuler des réponses communes à des appels à projets. Elle se positionnera à titre principal dans le pôle « Innovation, science et technologie » et à titre secondaire dans « histoire, méthodologie & épistémologie ». Cinq fondements guideront l’animation scientifique de cette équipe :
  • L’innovation est le fruit de collectifs et d’une action organisée impliquant des acteurs divers (industriels, centres de recherche, entrepreneurs ou intra-preneurs, inventeurs, clients, usagers, regroupement de citoyens, pouvoirs public…). Largement appréhendée en management à travers l’Open Innovation, cette dimension collective implique d’appréhender les formes d’organisation de l’innovation (nouvelles ou plus anciennes) et, plus largement, de reconsidérer les contributions et les attentes de cette variété d’acteurs.
  • L’innovation est assimilable à un processus. C’est ainsi via un processus qu’une nouveauté, une ancienneté revisitée, ou une recombinaison d’éléments existants), devient (ou non) une innovation en secrétant des pratiques sociales, économiques ou managériales, qui interpellent le droit en place. Il convient alors d’appréhender la trajectoire des innovations, en prenant en considération les temporalités d’invention, de conception puis d’appropriation (ou de rejet), ainsi que les controverses auxquelles ces trajectoires donnent lieu. Lorsque l’innovation est appréhendée sous la forme d’un processus, la question de la gestion des connaissances en organisation est une des dimensions pertinentes. La trajectoire des innovations et le rôle des connaissances (création/partage, combinaison/recombinaison, application, appropriation, valorisation, etc.) peuvent alors être étudiés dans une perspective questionnant les dynamiques intra et inter-organisationnelles. Il s’agit donc de considérer les différents contextes et environnements, i.e. les écosystèmes ainsi que l’attelage institutionnel, qui rendent ces processus possibles, ou au contraire l’entravent, de même que la régulation (en premier lieu au plan juridique) à laquelle ils invitent.
  • Les innovations demandent à être étudiées au sein des organisations et en société, c’est-à-dire en prise avec les acteurs / groupes qui les façonnent dans des logiques souvent paradoxales de partage et d’accaparement, mais aussi au regard de celles et ceux à qui elles s’adressent (ou qui s’en emparent). Par conséquent, elles sont aussi souvent modifiées, au travers d’usages souvent détournés ou appropriés par des acteurs non attendus. En plus de déconstruire les représentations (éminemment positives) de l’innovation dans nos sociétés, les innovations demandent en outre à être examinées au regard des risques sociétaux auxquels elles sont censées répondre et des solutions qu’elles tentent d’apporter. Elles renvoient donc à la notion de résilience, dans l’incertitude radicale désormais constitutive de nos sociétés, tout en se posant parfois en alternatives aux manières de penser dominantes, sur un plan micro ou plus macro, notamment dans un contexte de crise environnementale.
  • L’innovation est largement appréhendée par sa dimension technologique et renvoie aujourd’hui à des technologies généralement assimilées à des ruptures (Intelligence Artificielle, blockchain, big data, etc.), et ce à raison quand leurs usages modifient le déploiement de la cognition humaine en situation. Mais le rapport entre technologies et innovation demande aussi à considérer des agencements plus ordinaires voire low tech, qui poursuivent notamment des finalités de sobriété. L’innovation ne se réduit néanmoins pas à l’ajout de technologies. Bien au contraire, c’est sa prise en compte de sa dimension organisationnelle et plus largement de l’innovation en termes de création de valeur appréhendant son impact bien au-delà d’un phénomène économique qui s’impose. Cette acception englobante de l’innovation est aussi à étudier dans des domaines les plus variés possible comme la santé, l’agriculture, l’industrie ou les services à la personne, par exemple. Rajoutons que les processus d’innovation sont situés dans le temps et l’espace. Sans développer les enjeux de co-construction sous-jacents, les implications de la technologie (au sens large) sont à envisager à cette aune : pensons notamment à l’implantation d’un système d’information au sein d’une organisation ou dans un autre registre aux masques sanitaires « faits maison » en période de pénurie, au début de la crise sanitaire.
  • Plurisciplinaire, l’équipe INNOS sera attentive aux dimensions épistémologiques (mode d’administration de la preuve, critères de scientificité, qualités attendues d’un « cas », rôle du récit dans sa restitution, articulation des méthodes qualitatives et quantitatives, etc.) pour faciliter l’intercompréhension entre chercheurs de disciplines différentes. Elle développera des discussions (comment se saisir d’un processus, par exemple ?), en stimulant des échanges autour de cas fabriqués à l’aide d’une collecte de données de première main et d’une mobilisation de données de seconde main (données du Web, open data, etc.). Le recours à l’histoire sera enfin encouragé : l’examen de processus d’innovation suppose leur inscription dans une historicité et des tentatives antérieures, ainsi que la saisie d’imaginaires et de promesses à l’intérieur de sources écrites, qui aident à mettre en perspective les relations entre science, technique et société.
En résumé, l’équipe INNOS, centrée sur des recherches à fort impact sociétal, s’intéressera aux transformations augurées dans l’innovation et par l’innovation dans nos organisations, nos économies et nos sociétés. Il s’agira d’en explorer la variété tant au niveau de sa nature (innovation technologique, organisationnelle, financière, de business model, innovation pédagogique, etc.) et de son degré de nouveauté (radicale, incrémentale, architecturale…) ainsi que de s’interroger sur ses déclinaisons dans plusieurs sous-communautés scientifiques (open innovation, responsible innovation, innovation par retrait, innovation et connaissances, etc.). Il s’agira enfin de discuter les théories et les concepts, au croisement des disciplines présentes au GREDEG et au-delà, qui se proposent de rendre compte ou qui sont concernées par le caractère processuel et multi-dimensionnel des innovations contemporaines, les interactions nécessaires à son déploiement et par l’indétermination des mécanismes présidant à la formation des usages.
 
3) MODALITES D'ANIMATION
L’animation de l’équipe INNOS reposera sur plusieurs modalités de rencontre et de travail, avec des réunions tous les mois et demi. Elles consisteront en des séminaires scientifiques de 2h et de réunions plus « administratives » en invitant tous les membres de l’équipe. Une volonté forte est de déterminer assez vite un « objet frontière » (en l’occurrence un projet de publication collectif dans une revue comme la revue Innovations, The Journal of Innovation ou No-vation, une participation régulière voir une animation d’ateliers récurrents dans des sociétés savantes tels que le GT-Innovation de l’AIMS ou l’atelier à venir Innovation et Gestion des Connaissances de l’AGeCSO). Des réponses à des AAP (ANR, IDex, etc.) pourront aussi émaner de cette structuration en équipe. Un séminaire d’une journée aura lieu chaque été et au moins un séminaire avec une autre équipe du GREDEG sera organisé chaque année (par exemple sur le thème de l’intelligence artificielle), notamment dans le but d’envisager des projets communs et de décloisonner s’il en est besoin les regards disciplinaires. Par ailleurs, des rubriques sont d’ores et déjà envisagées pour structurer les séances :

- Quoi de neuf sur l’innovation ? Repérage et invitation de collègues extérieurs (ou présentations « internes ») de travaux prétendant apporter une contribution spécifique et originale sur le thème de l’innovation, ou un éclairage original.
- Ma thèse en plus que 180 secondes : présentation de l’avancement des thèses dirigées par les membres de l’équipe, qui ont une résonance avec le thème de l’innovation.
- Raconte-moi ton papier (en cours) : partage puis discussion d’un papier en cours de rédaction, mais suffisamment abouti pour donner lieu à un échange.
- Le goût des autres : présentation d’une quinzaine de minutes d’une recherche (livre, colloque, article) qui a particulièrement retenu l’attention d’un membre de l’équipe et qui pourrait intéresser plusieurs de ses membres.
- On parle de nous dans les médias : réflexion (et action !) sur des espaces « grands publics » où des travaux des membres de l’équipe pourraient être valorisés.

Cette liste n’est pas exhaustive et sera complétée. La démarche est de reprendre l’ensemble des rubriques et activités projetées, au moment de la création effective de l’équipe, afin de dessiner un programme annuel (équilibré au regard de ce qui précède) et de stabiliser des dates.